Chroniques de guerre d’un Officier de Cavalerie

du 12ième Régiment de Chasseurs d’Afrique

 

12 RCA

 

 

 

Le Capitaine Alfred Emile Canepa

 

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Dossier réalisé par Bertrand Canepa

 

 

Ce récit de la guerre a été écrit en rassemblant des archives militaires[1], les témoignages écrits [2], les archives de la famille Canepa, les connaissances historiques et avec l’aide essentielle du Lieutenant-colonel Auboin. Il se présente sous la forme d’une chronique racontant des fragments de la guerre du Capitaine Canepa, Officier de Cavalerie au 12ième Régiment des Chasseurs d’Afrique pendant la Libération. Cette chronique constitue le fil conducteur d’un hommage plus général à tous les camarades du Capitaine Canepa et à tous les combattants des régiments d’élite qui participèrent à la 2ième D.B. du Général Leclerc. Elle se déroule sur deux périodes différentes de la guerre : celle de 39–41 qui relate la défaite française et celle 1944–45 qui relate la libération.

Alfred Emile Canepa est né en 1911 à Marseille. Sa famille et ses camarades de l’armée l’appelaient Fred. Il s’engage en 1932 comme 2ième  Classe au 9ième  Spahis. Brigadier-chef puis Maréchal des Logis, il est admis dans le Corps des Sous - Officiers en 1937. En août 1939, il est admis au concours d’entrée à l’Ecole des Cadres de la Cavalerie de Saumur.

 

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Capitaine Canepa à la caserne Baudot du 12ième R.C.A. à Meknes

 

1939 -  Ecole de Cavalerie de Saumur

Le 3 septembre, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne Nazie. Des nuages lourds se répandent  sur le pays. C'est alors que commence la "drôle de guerre", une manière  de parler d’une guerre qui n'en finit pas de ne jamais commencer. La population civile se démoralise.  La troupe s'impatiente, alors qu'elle est mobilisée sans vraiment combattre. Les permissions deviennent rares et cela commence à peser sur le moral.

À l'Ecole militaire des Cadres de Cavalerie de Saumur, l'ambiance décrite par Fred[3] est plutôt sereine. Le moral  est  même excellent, en fort contraste avec celui de la population civile, écrit-il. Dans l'état d'esprit des futurs Officiers de Cavalerie, se soucier de l'avenir n’est pas  à l’ordre du jour, fut-il sombre et chargé d’autant d’incertitudes. Dès lors que c'est  la guerre, la nation compte sur son Armée  pour la protéger. Les Elèves–Officiers doivent faire face à la situation et montrer l’exemple.

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Janvier 1940 -  Alfred Canepa, Sous lieutenant à la sortie de Saumur

 

Mai – juin 1940, la bataille de France sur le front de la Somme

Sous-lieutenant depuis le mois de janvier 1940, Fred a été affecté comme Chef du Peloton de mitrailleuses au 13ième  Escadron du  3ième  Bataillon[5] du 7ième  Régiment des Dragons Portés[6].Le 10 mai 1940, les Divisions de Panzers débouchent dans les Ardennes à l'endroit le moins bien gardé. Après avoir rompu le front à Sedan, elles déferlent en quelques jours sur le nord du pays, jusqu'à la Manche. Contrairement à l'idée reçue[7], les troupes françaises résistent de manière remarquable, en infligeant des pertes très sévères à l'envahisseur[8]. Cette résistance farouche  qu'opposent  les troupes françaises à la Wehrmacht n’est pourtant pas  suffisante. Les Alliés sont pris à revers. L'Angleterre doit rapatrier son corps expéditionnaire depuis le port de Dunkerque[9]. Le Général Weygand, nouveau Chef des Armées, ré-organise le front. Avec le déclenchement des hostilités, le 3ième Bataillon du 7RDP est formé à Angers, dans l'urgence[10]. Il est dirigé sur le front de la Somme, dans le secteur de Molliens – Vidame et rattaché au Groupement motorisé du Colonel Langle de Carry[11]. Le 25 mai, le Bataillon est à Quevauvillers. L’ambiance est au beau fixe. Le 29 mai, Fred écrit :

« Depuis que nous sommes arrivé ici, nous sommes survolés par deux avions boches. A 6 heures, surpris par ce survol,  mon camarade m’a secoué… je ne me suis même pas réveillé. Un des avions a été abattu par un avion de chasse français. Ici, on s’en fait pas beaucoup et si les civils avaient le moral des militaires, ce serait parfait ».

 

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Lorsque la seconde phase de l'offensive allemande est engagée le 4 juin, une nouvelle vague de  Panzers Division[12] déferle à nouveau, du nord vers le sud, vers Paris et pour occuper de reste du territoire. Le 5 juin, le Bataillon quitte brusquement le village pour occuper une lisière du bois du Deffroy face au Nord – Est, à 600 m au Nord – Ouest de Molliens – Vidame[13].  Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, les chars de « la Division fantôme[14] » du Général Rommel, la 7ième  Panzer Division, franchissent la Somme entre Longpré et Hangest[15].  Les Français ont le temps de faire sauter les ponts, excepté deux ponts de chemin de fer entre Hangest et Condé-Folie. Rommel fait enlever les rails par le Génie, et fait passer ses blindés.

Une terrible bataille s’engage alors entre la 5ième Division d’Infanterie Coloniale et la  7ième Panzer Division. Le village d'Hangest  ne tombe qu'en fin de journée. Le 53ième  Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalaise va démontrer une ténacité incroyable en retenant les troupes allemandes. Le Lieutenant-colonel Heysing raconte la prise du village ainsi :

« Sur les deux cents premiers mètres, le mouvement en avant s'exécute bien mais, ensuite, une concentration des tirs atteint brusquement les compagnies. Dès l'entrée dans le village, des tirs de fusils et de mitrailleuses crépitent depuis les persiennes fermées des fenêtres, des grenades à main en forme d'œuf jaillissent des soupiraux des caves et éclatent dans les jambes de nos soldats. Un combat de maison en maison s'engage.

Nos pertes en Officiers et troupes sont grandes. »

Les combats furent très  violents, comme le relate la  Pommersche Zeitung : "les Français combattirent avec acharnement, les noirs utilisaient jusqu’au bout chaque possibilité de défense, chaque maison était défendue. Pour briser cette résistance, il fallut mettre en action les lance-flammes, et pour venir à bout des derniers sénégalais, les tuer un à un ».

Hangest sur Somme tombe dans l’après-midi et les troupes françaises finissent par être encerclées à Airaines, en flammes. Le 72ième Régiment d’Artillerie, réduit à douze pièces, se défend jusqu'à ce que son dernier canon soit détruit. Il est parvenu à détruire trente-deux chars allemands. Les horreurs de la guerre - quand au sort des prisonniers - ne sont pas à l’honneur de l’Armée allemande : 26 sénégalais sont exécutés a Airaines, 86 autres corps sont trouvés au Saut-du-Loup, une centaine de soldats du 12ième RTS sont enfermés dans une grange et sauvagement assassinés. La 7ième  Panzer-Division progresse vers le sud.

À 12 heures, le Chef d’Escadrons De Coux du III/7RDP, donne l’ordre de préparer l’attaque. Le Bataillon doit passer à l'offensive sur une base de départ situé à 4 km au Nord – Est de Molliens – Vidame, probablement à proximité d’Airaine. Le Peloton Canepa est placé sur l’aile gauche de l’Escadron et de l’ensemble du dispositif d’attaque du 3ième  Bataillon.

Après 3 km de marche d’approche, le Peloton est sous le feu des balles qui semblent venir de derrière. Arrivant dans un talweg, il se retrouve particulièrement exposé avec, sur la gauche, une crête boisée. Le Sous–lieutenant demande au Capitaine de Lannurien [16] un G.C. de FM pour assurer la sécurité de l’Escadron, ne pouvant le faire avec des mitrailleuses. Les hommes du  Peloton, refroidis par les balles ennemis, se protègent derrière des meules de paille.

Fred  décide de porter lui-même un compte – rendu de la situation au Capitaine, de façon à donner l’exemple à ces hommes. Deux hommes le voyant partir se précipitent pour y aller à sa place.  Après ces quelques minutes d’arrêts, Fred décide de continuer la marche en avant du Peloton, en laissant sur place le groupe de fusiliers dont la mission  est d’ouvrir le feu sur tout ennemi tentant  d’empêcher la progression du Peloton.

Il est 15 heures quand l’Escadron arrive  à  la base où se trouvent une dizaine de chars du 7ième Cuirassiers. La marche d’approche du Peloton a été longue, faite rapidement, en portant tout le matériel et les ¾ des munitions. À cet endroit,  le Peloton est prêt à partir à l’attaque, alors que la fatigue des hommes commence à se ressentir. Pendant l’après - midi, les 150 chars de la 7ièmePanzer Division poussent sur le plateau au nord de Camps et de Molliens. Ils se retrouvent face aux 87 chars Somua du 7ième Cuirassiers du Groupement de Langle de Cary.

Les blindés allemands contournent  le 3ième  Bataillon sur sa gauche. Ainsi, l’attaque prévue risque de tomber dans le vide. A 15 heures 30, l’Escadron, reçoit l’ordre de se replier sur les hauteurs qui limitent son déploiement à l’Est. Le Peloton de mitrailleuse, traverse rapidement le talweg qui le sépare de la crête, sous les balles, de plus en plus nombreuses.  Elles proviennent clairement du sud.  Fred fait installer le Peloton en batterie, de façon à protéger le repli de l’Escadron sur les taillis, protégeant des vues, sinon des coups ennemis. Les combats de chars durent toute la soirée, le I/7ième  Cuirassiers freine l’avance de la 7ième Panzer Division qui ne peut se maintenir à Camps. Cependant, l’encerclement gagne lentement à l’ouest et au sud-ouest où progresse également la 5ième Panzer Division.

L’attaque allemande est générale de la mer jusqu’à AMIENS. Vers 19 heures, le Capitaine de Lannurien fait replier l’Escadron de 300 m, pour pouvoir retrouver la liaison avec le reste du Bataillon, très en arrière. A ce moment, l’ennemi est dans toutes les directions sauf à l’Est. A 22 heures, l’ordre est donné par le Chef d’Escadrons De Coux de se replier en direction de l’Est sur la voie ferrée de Molliens Vidame, situé à 3 km. Le Capitaine de Lannurien reçoit l’ordre d’installer les Pelotons de FM et de mitrailleuse pour protéger le Bataillon.

Le 6 juin, à 4 heures du matin, Fred a fait mettre en place le Peloton avec ses mitrailleuses et une DCA.  Il fixe à ses hommes les missions de chacune des pièces : « on pouvait arrêter momentanément un ennemi à pied, même en force », écrit le Sous–lieutenant.

D’un moment à l’autre, l’attaque de l’ennemi embusqué dans les bois d’en face, à 500m, est attendu. Des tirs d’artillerie et bombardements intenses visent Molliens-Vidame. A 9 heures,  la 7ième Panzer Division s’ébranle de Camps jusqu’au bois de Deffroy, bousculant au passage deux Escadrons Somua du 7ième Cuirassiers. Le 2ième  Escadron de Chars résiste avec l’aide du 3ième Bataillon / 7RDP De Coux . Les Panzers débordent Molliens-Vidame par l’ouest rejetant le III/7e RDP vers le bois de Smermesnil. Le III/7e RDP appuyé par le 7ième Cuirassiers, tient Molliens-Vidame et Bougainville. Les chars de Rommel font face à une nouvelle contre-attaque française menée par le 7ième Régiment de Cuirassiers. Ce Régiment ne compte plus que quatre-vingt-cinq blindés dont seulement vingt-cinq Somua S35.

L’Adjudant-chef Pierson, à la tête d’un Peloton de 4 Somua, détruit à lui tout seul 15 Panzers. Pour diminuer les pertes en tanks que pourrait subir sa division, Rommel préfère mettre en avant son artillerie et repousse ainsi l'attaque des cuirassiers. Les pertes françaises sont lourdes : en cette seule journée soixante-treize chars sont détruits.

La 7ième Panzer Division atteint le plateau d'Hornoy avant la tombée de la nuit. L’Escadron De Lannurien reçoit l’ordre de se replier à nouveau et d’occuper un petit bois à 800 m en arrière de Molliens-Vidame. Pendant la traversée de Molliens Vidame, les bombardements sont violents. Le Peloton parvient jusqu’à une position où se trouvent 3 pièces de 75, isolées, dépourvues de munitions et repérées par l’artillerie adverse. A cet endroit, il retrouve 8 chars du 7ième Cuirassiers. Désormais, il n’y a plus aucune liaison avec le reste du Bataillon. Il est 14 heures et les hommes du Peloton Canepa sont épuisés ; ils ont dû manœuvrer comme un Peloton de Fusiliers. Ils n’ont plus été ravitaillés, depuis 48 heures. L’encerclement est confirme au sud.

Afin de rejoindre le reste du Bataillon, la décision prise est de partir vers le sud, comme le font les chars. En marchant le long des bois, les hommes, repérés par l’artillerie, subissent encore un bombardement intense d’obus de 105, tirés d’assez près. Les hommes rentrent dans le bois et s’aplatissent au sol :

« J’avais demandé aux hommes de rester en liaison à vue avec moi et de faire comme moi ; en fait,  je me couchai derrière un arbre face à l’arrivée des obus » écrit Fred. Son Peloton déplore 2 morts et 2 blessés. Il précise : «  il est probable que les autres Pelotons connurent au minimum les mêmes pertes car j’ai eu de la chance de me trouver entre deux tirs de hausses différentes ».

 

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Les Panzers allemand lors de l’offensive du 5 juin sur la Somme

 

Les derniers hommes du 13ièmeEscadron sont capturés à Poix-en-Picardie.

Le bombardement a comme effet de disperser l’Escadron dont il ne reste plus qu’une dizaine d’hommes du Peloton Canepa ( au ¾ complet ), du P.C. du Capitaine de Lannurien et du groupe de G.C. de F.M.  La patrouille repart à l’intérieur du bois en direction du sud, en amenant les blessés. Elle arrive à Saint Aubin.

Les blessés sont soignés dans la seule maison restée occupée par un vieil homme. Un chariot découvert dans une remise servira à transporter les blessés. Après  avoir bu un peu d’eau, la patrouille reprend sa route vers Frécamp. Il est alors 18 heures. Après 2 km, ils arrivent sur une crête. A 1 kilomètre, ils aperçoivent une colonne de chars ennemis, des unités à cheval. Des Fantassins se détachent de la colonne et se dirigent vers la patrouille, tandis que les balles recommencent à siffler. La patrouille parvient, en appuyant sa marche, à gagner les bois.

Entre temps,  l’effectif  «  est augmenté d’un Lieutenant blessé à la cuisse et d’un soldat du 14ième Escadron ». Ils arrivent à Frécamp, toujours poursuivis par l’ennemi qui avance en ligne dans le bois, en hurlant à leurs trousses. Sortant du bois, ils atteignent une petite route où se trouvent des chars du 7ième Cuirassiers, arrêtés en colonne. Il s’agit de tout ce qu’il  reste comme chars du Groupement Langle de Carry.  Celui-ci vient d’être débordé sur sa gauche par la 7ième  Panzer Division, débouchant de Bussy-lès-Poix en direction de Thieulloy-l’Abbaye et Vraignes.

Subissant à nouveau de fortes pertes, le 7ième Cuirassiers se retrouve ainsi replié dans les bois sud de Frécamp. Il ne possède plus que 16 chars sur les 87. Fred  prend liaison avec l’un des Officiers de l’unité. Celui –ci  lui dit qu’ils viennent d’être copieusement bombardés par l’artillerie et l’aviation, qu’ils sont  poursuivis par l’ennemi venant du nord-ouest. Fred lui répond  que ce qui reste de son Escadron est poursuivi par l’ennemi venant de l’Est. A ce moment, les poursuivants aux trousses se présentent  à la lisière du bois, à 400 m des chars. Le hurlement des « boches » s’arrête. Un char sort du bois et en rentre aussitôt.

Puis s’en suit, un violent bombardement d’artillerie et d’obus anti-chars, accompagnés de balles qui s’abattent sur les chars et les hommes de l’Escadron. Les hommes se couchent dans les fossés derrière les chars qui partent quelques secondes plus tard. Fred écrit :

« Je bondis de l’autre côté de la route pour reconnaître un endroit où nous pourrions être à l’abri. Ayant trouvé, j’alerte de la voix le Capitaine et les hommes et nous passons tous dans un immense trou au milieu des buissons. Nous sommes restés là trente minutes, complètement  ahuris ». 

Un bruit de tir de DCA française semble avoir été entendu du côté de l’aéroport de Poix, situé sur le plateau à la gauche de la route. Fred part alors, moitié sur les genoux, moitié rampant, faire une reconnaissance en cette direction. Il fait ainsi 300 m. La voie lui apparaît libre. La fatigue étant forte, le Capitaine de Lannurien et le Sous-lieutenant décident d’attendre la tombée du jour. Soudain, deux avions sont descendus par la DCA. Le Capitaine les reconnaît comme étant français, malgré la faible visibilité.

Le Capitaine et le Sous-lieutenant sont convaincus que l’aviation française relève d’une chimère. Ils en concluent que ce sont des avions allemands. Et qu’en toute logique, la DCA est française ou anglaise. Pour Fred, ce raisonnement plus ou moins solide s’explique par l’état de fatigue physique. Les deux Officiers décident alors d’aller dans la direction d’où partent les coups, au sud–est.  Il est 20 heures 30, la nuit est tombante. Après avoir fait 400 mètres sur les contours de l’aéroport, ils voient des silhouettes. A mesure qu’ils s’approchent, les silhouettes s’effacent derrière des sacs de sable. Arrivés à 100 mètres, Fred s’écrie : «  ce sont des anglais ». Mais aussitôt, à leurs gestes menaçants, chacun comprend  l’erreur.

Instinctivement, le Sous–lieutenant regarde ses hommes qui ont l’air « assez peu émus d’être prisonniers ». Quand au Capitaine et au Sous–lieutenant, ils sont consternés d’avoir confondus une DCA allemande pour une française ou anglaise. Fred a son FM et deux de ses hommes ont en un aussi. Il songe alors à fuir tout de suite pour repasser les lignes françaises : « mais nous étions trop près, le terrain était plat et j’étais vraiment trop fatigué, comme tous d’ailleurs ». La chance de pouvoir s’échapper vivant est nulle. Deux hommes s’avancent vers eux, tandis que deux autres les mettent en joue. 

Cette journée « lamentable » est le 6 juin. C’est ainsi que les derniers hommes du 13ième Escadron ont été  fait prisonnier, à proximité de l'aérodrome de Poix en Picardie. Le lendemain sera la confirmation de la rupture générale du front français[17], sur la Somme. La guerre a assurément basculée à l’avantage de la Wehrmacht. Fred se trouve prisonnier avec d’autres rescapés d’une bataille de France qui en 3 semaines se  solde par une  hécatombe[18] en vies humaines : 92 000 soldats, tués au champ d’honneur et, depuis, relativement oubliés d’une mémoire collective qui a eu tendance à vouloir oublier la défaite de 1940.

 

Une évasion risquée en zone occupée

À partir du 7 juin, le Capitaine de Lannurien, le Sous-lieutenant Canepa et tous les hommes de l’Escadron capturés, marchent dans une colonne qui remonte les prisonniers vers le nord. Dés le premier soir, Fred projette de s'évader. De Lannurien lui conseille d'attendre, de récupérer un peu, avant de tenter l'escapade.

Les prisonniers marchent beaucoup, mangent peu et pas souvent, ce qui ne favorise pas la récupération nécessaire à une évasion. Le 14 juin, à proximité de Béthune, Fred profite d’une halte, de l'inattention des gardes du corps et de l’obligeance d’un camarade pour se faufiler dans une haie remplie de ronces.

Le 16 juin, après pas mal d’incidents, il arrive en civil à Arras, une «ville remplie de boches». La première personne qu'il rencontre est le Capitaine des pompiers. Celui-ci le dissuade de chercher à passer en Angleterre ou de rejoindre les lignes françaises. Même en faisant 50 kilomètres par jour, il risquerait de ne jamais rattraper la ligne allemande. 

Cet homme prend alors un énorme risque en lui offrant l'hospitalité chez lui, pendant trois semaines. Pour le cacher, il lui propose d'apparaître en plein jour, employé comme pompier de la Compagnie. Les patrouilles allemandes tournent sans arrêts dans la ville d’Arras, cherchant activement les fugitifs.

Un jour, l’Officier d’une patrouille  allemande oblige Fred, déguisé  en Sapeur - pompier, à monter sur la grande échelle. Une fois arrivé tout en haut, il le somme de lâcher les mains, de faire l'équilibriste. Il veut s’assurer qu'il est un vrai pompier et non un fugitif. La moindre hésitation de sa part pourra être interprétée comme l’autorisation au «boche» de faire feu sur une belle cible d’entraînement. Il ne doit surtout pas trembler au dessus de cette  mitraille latente ennemie, pointée vers lui. Il doit oublier toute tentation  de fuir dans une cascade qui serait autant périlleuse que spectaculaire, que fatale.

 

L’Ecole de Cavalerie de Saumur signe le premier acte de la résistance militaire en France

Le 17 juin[19], le Maréchal Pétain appelle à cesser les combats.

Le Colonel Michon, commandant l’Ecole de Cavalerie de Saumur, et son Chef d'Escadrons Lemoyne convoquent  les cadres et les élèves Aspirants, afin de leur exposer la situation. Les élèves de l’Ecole refusent d’exécuter l’ordre de se replier sans combattre. Ils sont tous volontaires pour empêcher les allemands de franchir la Loire, et de se battre pour sauver l'honneur de l’Ecole, sachant d'emblée qu'ils n'avaient aucune chance d'arrêter l'ennemi pendant longtemps.

Avec un maigre effectif, des armes d'instruction, sans approvisionnement de munitions, l’issue de ce combat inégal était connue de tous. Quand le 19 juin, la 1ière  Division de Cavalerie Allemande arrive sur Angers, tous refusent  de se rendre. Après avoir fait sauter les deux ponts de Saumur, celui de Gennes ainsi que le viaduc de chemin de fer de Montsereau, les élèves Officiers résistent avec acharnement et héroïsme, empêchant  l'armée allemande de franchir la Loire, pendant 3 jours[20], du 19 au 21 juin 1940.

Ils se battent  -  pied à pied - avec des moyens dérisoires jusqu'à la dernière cartouche. Peu nombreux sont les camarades de Fred qui survivront  à cette bataille sur la Loire. L'Ecole perdra 4 Officiers, 1 Sous-officiers et 79 élèves Aspirants....  Les "Cadets de Saumur[21]", par leur faits d'armes de ce mois de juin 40, resteront dans les annales de l'histoire de la deuxième guerre mondiale comme le premier acte de résistance (militaire et civile), contre l'ordre de cessation des combats.

 

Juillet 1940, retour  en zone libre en moto… allemande

La famille de Fred est sans nouvelle de lui depuis la fin du mois de mai. Fernand Canepa, le père de Fred, fait tout ce qu'il peut  auprès de la Croix Rouge Internationale pour savoir si son fils est encore vivant.

Après la fin des combats, le 3ième Bataillon ( 7RDP) s’est  replié à Montauban en zone non occupée. Le 25 juin, Fernand reçoit un courrier du Chef d’Escadrons, le Commandant De Coux. Celui-ci explique que " son Bataillon  avait  beaucoup souffert sur la Somme, qu’il avait perdu 20 Officiers sur 29 et qu’il avait de l’estime pour le Sous-lieutenant Canepa qui s’était montré un Officier magnifique". La famille de Fred devra attendre encore un mois pour recevoir enfin un courrier de Fred et apprendre qu’il n’avait pas été tué comme tant d’autres de ses camarades.

 

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Laisser passer obtenu avec la complicité de la mairie d’Arras et du Capitaine des pompiers

Avec  la complicité du Capitaine des Pompiers et de la mairie d’Arras, il obtient une fausse carte d'identité ainsi qu'un laisser passer de la Kommandantur. L'occupant autorise le pompier à circuler au motif, aussi faux que crédible, de rejoindre sa femme très malade, jusqu'à Troyes.

Le 9 juillet, après avoir  remis en état une moto allemande fournie aux pompiers par la Wehrmacht, il s'élance  sur les routes de la France, habillé dans sa tenue de pompier et avec de l'essence allemande... Une fois dépassé Troyes, il doit convaincre les kommandantur successives[22] que sa femme est partie toujours plus au sud... le 12 juillet 1940, après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres au milieu du désastre de la débâcle et après avoir été arrêté une douzaine de fois, il franchit enfin la ligne de démarcation.

Puis il rejoint la place militaire de Lyon[23]. Il se souviendra de ce "brave homme" de Capitaine des Pompiers, sans doute l’un des tous premiers résistants anonymes… Il a bien mis en péril sa propre vie, permettant ainsi à un Officier de l'Armée Française de ne pas se faire reprendre, lui évitant ainsi d'être fusillé ou ce qui serait pire  encore pour un Cavalier, de devoir survivre pendant 5 ans dans un camp de prisonniers en Allemagne.

Cet épisode de campagne vaudra à Fred la Croix de Guerre et une première citation:

« Engagé à fond avec son Peloton, le 6 juin 1940, dans les bois au sud de Molliens Vidame, a réussi avec quelques hommes, bien qu’encerclé de toutes parts, à traverser la ligne ennemie. Fait prisonnier au cours de sa retraite, s’est évadé à Béthune et, avec un courage et une volonté farouche, a réussi à rejoindre les lignes françaises».

 

Octobre  1940 : l’Ecole de Cavalerie de Saumur se prépare à une reprise des combats

En application des accords d’Armistice, l’Armée Française est réduite par l’occupant. 22 000 Officiers sont démobilisés. Après les durs combats sur la Loire, l’Ecole des Cadres de Cavalerie de Saumur a réussi à se replier sur Tarbes.  Le 1ier octobre 1940, elle rouvre ses portes. En novembre, Fred démissionne des cadres Officiers de l’Armée pour réintégrer l'Ecole de Cavalerie et ainsi poursuivre sa formation interrompue par le déclenchement des hostilités. 

 

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  Canepa, 3ième en partant de la droite en novembre 1940 à l’Ecole de Cavalerie de Saumur à Tarbes

 

Il y rencontre d’autres  Officiers comme le Lieutenant Baillou et le Lieutenant Gribius[24], appelés à devenir des Cadres de la  2ième Division Blindée et du 12ième Régiment des Chasseurs d’Afrique.

Gribius, futur adjoint de Leclerc, est alors instructeur de l’Ecole. Il raconte dans son ouvrage[25] qu’il fallait « dissimuler aux yeux ennemis les effectifs, en Officiers notamment, que les allemands contrôlaient soigneusement ». Chaque Officier reçoit des nominations fantaisistes pour dissimuler ses fonctions véritables. Il raconte l’ambiance et l’état d’esprit de sa réouverture:

« La petite équipe que nous formons passe ses journées à préparer l’ouverture de l’Ecole, ses nuits à courir forêts et montagnes à la recherche de cachettes sûres pour y camoufler armes et munitions, en vue du combat futur ». « Les premières semaines de l’Ecole sont  enthousiasmante. Il règne une ambiance de camaraderie, de loyauté, de complicité aussi telle que nous reprenons tous espoir ; nous nous sentons – et moi le premier – prêt à toutes les missions, favorables à toutes les aventures ».

Dans un courrier, Fred évoque les manœuvres de nuit ; ainsi que la situation de restrictions des moyens que les accords ont laissés à l’Ecole de Cavalerie pendant l’armistice:

« Vendredi matin, de bonne heure,  nous sommes partis faire une longue manœuvre : je commandais au début un Peloton cycliste…je dis bien cycliste.

Au mois de décembre 1940,  Gribius est nommé Capitaine et reçoit le commandement du tout dernier Escadron de Char restant à l’Armée Française, suite à l’armistice. Il a pour mission de partir à Dakar, loin des commissions de contrôle, afin de créer une unité blindée en vue de la libération[26]. Cette unité sera à l’origine de la création en 1943 du 12ième Régiment des Chasseurs d’Afrique.

En mai 1941, après le stage de 6 mois à l’Ecole, Fred est de nouveau Sous–lieutenant. Il rejoint alors l’Afrique du Nord  au 5ième  Régiment des Chasseurs d’Afrique, à Alger.

Avec l’invasion allemande de la zone sud, l’Ecole de Cavalerie de Saumur est dissoute avec l’ensemble de l’Armée d’Armistice. La plupart des Officiers formés à Tarbes parviendront à s’échapper en Afrique du Nord par l’Espagne. Ils constitueront pendant la libération l’encadrement de la 2ième et de la 5ième Division Blindée. Après le débarquement des alliés en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, Fred participe à la Campagne de Tunisie avec le 5ième R.C.A. avec un détachement de marche ( 1er et 3ème Groupe d'Escadrons) avec la Brigade Légère Mécanique, combat sur l'axe Sbiba-Sbeitla et opère dans la région Pichon Kairouan fin 1942[27].

 

 

Septembre 1944 – Campagne des Vosges 

 

Appelé à rejoindre la 2ième Division Blindée

Fred [28] est au Maroc quant il est appelé, fin août 1944[29],  à rejoindre la 2ième Division Blindée. Lorsqu’il embarque à Oran pour Marseille, il se retrouve avec les autres unités qui vont participer à la libération.

Depuis le débarquement des Alliés en Provence[30]et la libération de Marseille[31], commence l’acheminement de l’Armée française[32] reconstituée en Afrique du Nord, ainsi que le matériel et les approvisionnements nécessaires pour assurer la logistique d’une campagne de libération qui va durer encore 10 mois.

Le 9 Septembre 1944, après 6 jours en mer, le bateau arrive devant la Joliette. Depuis le pont, le Lieutenant revoit enfin  sa ville natale. Après trois ans de séparation[33], il va pouvoir, enfin, retrouver sa famille et  participer aux combats  sur le sol français[34].  Il écrit à sa famille qui l'attend à Aix en Provence, libérée depuis quelques jours:

« Bien chers parents vous voilà libres. Encore un peu de patience et tout aura repris normalement. Il s’en est fallu de peu que je sois là bas aux premières loges. C’est mon grand regret. Je pense malgré tout être pour le 2ième acte… ».

 

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À ce moment, la 2ième D.B. a déjà débarquée à Utah Beach en Normandie, a libéré Paris[35] et commence sa marche vers l’Est. Il rejoindra les Chasseurs de la Division en pleine campagne des Vosges, début octobre. 

Constituée au Maroc entre septembre et décembre 1943, par fusion de différents Régiments, la 2ièmeDivision Blindée assemble 17 000 hommes, habillés et armés par les Américains. Ces hommes sont d'origines ethniques, religieuses et d'opinions politiques très diverses. Il y a des maréchalistes, des gaullistes, des combattants des brigades internationales, des socialistes, des libres penseurs, des Juifs, des chrétiens, des musulmans. Ce que ces hommes ont en commun, c'est "la haine du Boche et l'amour de la patrie". Leclerc avait réussi le tour de force de l’amalgame, en forgeant une troupe motivée et homogène.

 

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Le Général Leclerc

 

La 2ième D.B. est organisée selon les 4 Groupements Tactiques:

-  le  GTD du Colonel DIO (Chef de Corps du Régiment de Marche du Tchad) 

-  Le GTW du Colonel Guillebon, 

-  le GTR du Colonel Rémy,

-  le  GTL du Colonel de Langlade.

Ce qui caractérise cette organisation en groupements tactiques, est que les unités peuvent changer de commandement rapidement, passer d'un groupement à un autre, presque au jour le jour, selon les configurations de combat. Le Colonel de Langlade écrira:

« La dissociation du Groupement tactique va se renouveler à plusieurs reprises. Elle permet au Général commandant la Division d’augmenter comme il veut le poids de ses effectifs sur le point choisi. C’est cependant une manœuvre délicate, nécessitant en outre des transmissions impeccables, une véritable maîtrise de la part des exécutants. Elle repose sur une armée de métier et la qualité de l’encadrement.

Il n’est pas connu d’exemples analogues dans d’autres divisions blindées, de changements de commandement semblable en pleine bataille. Il y fallait l’entraînement remarquable d’une division particulièrement instruite et soudée ainsi que le génie du cavalier risque-tout mélangé du veneur fanatique habitué à  rameuter ses chiens de queue sur ceux de têtes. Cet homme était le Général Leclerc ».

 

Les allemands préparent une contre-offensive

Pour contrecarrer l’offensive des Alliés, Hitler fait édifier deux lignes de défense dans les Vosges. Il prépare également une vaste contre attaque à partir du plateau de Langres, dont le but est de protéger les troupes de la 19ième armée en retraite depuis la Provence et, d’autre part, d’enfoncer le flanc droit de la 3ième  Armée Américaine dans sa marche vers l’Est.

Ce projet de contre-offensive est engagé par le Groupe d’Armée G ( Heeresgruppe G) dont le PC est à Gérardmer. Sa force de frappe est constituée par la 5ième Armée Blindée[36] dont les Panzer Brigade, commandées par le Général Von Manteuffel, rappelés spécialement de Russie par Hitler. Ces Panzer Brigade sont composées d’au moins 90 chars chacune. 

Les État-majors alliés manquent de renseignements précis sur le plan de cette contre–attaque. Ils savent cependant qu’il y a du « lourd » à venir. 

 

Le G.T.L. est lancé à l’avant–garde de la 2ième D.B.

Lorsque le 8 septembre, la 2D.B. quitte la Région Parisienne en direction des Vosges, elle est intégrée au 15ième Corps d'armée américaine du Général Haislip qui couvre le flanc sud de la 3ième Armée[37] du Général George S. Patton. Le 15ième CAUS est constitué au nord par la 79ièmeDivision d’Infanterie US ( DIUS) et au sud par la 2ième  D.B. française.

Depuis la Normandie une profonde estime s’est établie entre Haislip et Leclerc. Le Major Général Américain  laisse le choix à Leclerc de l’itinéraire, conduisant jusqu’à la Moselle. Placé au flanc droit de l’offensive des Alliés, Leclerc sait qu’il va rencontrer, avant la Moselle, la résistance Allemande. Il ignore encore que l’ennemi prépare la contre–attaque dans une direction qui traversera l’axe de progression de l’avant–garde de la 2ième D.B.

Placée sur le flanc droit de l’ensemble du dispositif d’ensemble des Alliés, la 2ième D.B. est particulièrement exposée à cette contre-attaque allemande, en attendant de pouvoir faire la jonction avec la 7ième armée US et la 1iere Armée Française, remontant du sud de la France. Comme en son habitude, il envisage de faire irruption avec le maximum de vivacité et créer l’effet de surprise dans le dispositif ennemi, en contournant les points d’appui allemand, les laissant aux unités des autres groupements, en faisant progresser ses unités de tête par des routes secondaires. La tactique choisie est celle du cavalier : foncer aussi vite que possible pour prendre l’ennemi de vitesse constitue le facteur de succès, quelque soit la force de l’ennemi.

Il décide de placer en tête le GTL le Colonel de Langlade qui fut le premier commandant du 12Ième R.C.A., en qui il a entièrement confiance.

Le  G.T.L. Langlade est  composé :

-         du 12ième Régiment des Chasseurs d’Afrique ( 12 R.C.A. )  

-         du 2ième  Régiment de Spahis Marocains ( R.M.S.M. )

-         du 2ième  Régiment de Tchad  ( R.M.T. )

-         du 4ième  Régiment du Bataillon des Fusilliers Marins ( R.B.F.M.)

-         1/40ième  R.A.N.A.,

-         2/13ième  Bataillon du Génie.

Le GTL est divisé en deux Sous-groupements :

-         le Sous-groupement  MINJONNET[38], Commandant le 12ième R.C.A.

-         le Sous-groupement MASSU, Commandant du 2ième R.M.T..

 

Le 11 septembre, en une journée,  le G.T. L. parcourt 150 km pour atteindre et libérer Contrexéville. Vittel est libérée le 12, au matin.    

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[1] Archives militaires de la Défense à Vincennes

[2] Généraux Gribius et de Langlade compagnons et adjoints du Général Leclerc, Jacques Salbaing

[3] Alfred Canepa est appelé « Fred » par son entourage familial et ses camarades.

[4] Il aura cependant quelques reconnaissances d'invalidités du fait de chutes à cheval

[5] 13ième Escadron du Capitaine de Lannurien et le Chef d’Escadrons est le Commandant  De Coux

[6] Commandé par le Colonel de Longemard

[7] Les recherches historiques récentes ont démonté l'idée reçue d'une débâcle militaire en 1940. Bien au contraire, si il y a eu défaite elle a été dans l'honneur malgré un rapport de force inégal, au mois de juin.

[8] Au 4 juin, 1500 chars allemands sur les 3039 engagés ont été détruits après les 26 premiers jours de l'invasion.

[9] Début juin 200 000 anglais avec 120 000 français

[10] Destiné à la constitution de 4ieme DLM qui n'aura pas le temps de voir le jour. Le 3ieme Bataillon n'aura  pas le temps de terminer l'instruction pour prendre connaissance du matériel, des hommes, des chefs et leurs subordonnés.

[11] Commandant le 7ième Cuirassier

[12] 10 Panzers Division et 2000 chars et 88 divisions d'infanterie

[13] Rebaptisé Molliens – Dreuil

[14] à cause de sa rapidité

[15] Entre Picquigny et Amiens

[16] Commandant le 13ième Escadron

[17] Mis en place par le Général Weygand

[18] Au bilan de mai - juin 40, il y a eu 92 000 soldats français tués et environ 2 millions de prisonniers

[19] L'appel du Maréchal Pétain à cesser le combat, le 17 juin 1940

[20] Du 19 au 21 juin 1940

[21] Le commandant de la 1iere Division de Cavalerie allemande, le Général Vornach utilise dans son rapport du 3 juillet, l'expression de "Kavallerie Kadetten" pour désigner les élèves de l'Ecole contre lesquels il a dû combattre. C’est l’origine de l’expression des  "Cadets de Saumur".

[22] De Dijon, Chalons, Buxy et Cluny

[23] Il sera ensuite affecté à la DC14 de Vienne

[24] Lors de la Libération en 1945, il commandera au sein du GTL Langlade de la 2ième D.B., le  « Sous-groupement Gribius » dont le 4ième Escadron de Char du 12ième R.C.A.

[25] Une vie d’Officier, Général André Gribius , éditions france-empire

[26] Le blog des anciens du 12ième R.C.A. explique l’histoire de cet Escadron dans la suite des évènements.

[27] Le 5ième R.C.A. participe aux combats de Pont du  Fahs , Bir-Halima dans le Djebel Zaghouan, rentre en Algérie. Réorganisé en 1943 le 5ème R.C.A. devient l'un des régiments de chars de la 1 ère  D.B.  pendant la Campagne de France et d’Allemagne en 1944 - 45

[28] Nommé Lieutenant en décembre 1941,

[29] En mai 1941, il est à Alger au 5ieme R.C.A.. Il participe en décembre 42 à la Campagne de Tunisie, premiers combats de libération avec les alliés américains et anglais

[30] 15 août 1944 dans le massif des Maures

[31] le 29 août 1944 par 1iere Division Blindée du Général Delattre

[32] Les Français étaient parvenus  à reconstituer une armée de 450 000 hommes.

[33] Arrivé en mai 1941 à Alger au  5ieme Régiment des Chasseurs d'Afrique

[34] Sa dernière  campagne est la Tunisie en novembre et décembre 1942 

[35] 24 août 1944

[36] 5ième , 11ième et 21ième Panzer, 17ième Panzer SS, 15ième Panzer Grenadier, 106,107,108,111,112,113ième Panzer Brigade

[37] Depuis le 1ier août , la 3ieme armée alliée comprend 8ieme CA , le 20ieme et le 15ieme.

[38] Le Lieutenant - Colonel Minjonnet sera remplacé par le Chef d'Escadrons Gribius en janvier 1945